S’engager pour agir efficacement sur les comportements

Un individu habitué à modifier et compléter sa perception pourra plus aisément enclencher un changement de comportements.

De nombreuses études l’ont prouvé, on ne retient et ne s’approprie réellement que ce à quoi l’on participe activement, de façon engagée et décidée:

Prenons par exemple le sujet des principes basiques de prévention en matière d’écologie : malgré une forte adhésion « intellectuelle » à ces différents principes, les individus ne les appliquent pas véritablement dans leur quotidien.

Cet exemple rappelle les conditions dans lesquelles Kurt Lewin, dans les années quarante, a commencé à comprendre le principe de l’engagement et de l’effet de « gel ».

Afin de réserver les viandes de bœuf de première qualité aux soldats américains durant la guerre de 1939-1945, les autorités cherchaient à ce moment là à convaincre les ménagères américaines de faire consommer des abats de bœuf à leur famille. Malgré une adhésion « intellectuelle » forte aux idées et aux explications qui étaient présentées à ces ménagères, toutes les campagnes échouèrent à faire changer le comportement des américaines qui préféraient les morceaux de premier choix aux abats.

Il est alors fait appel au psychologue Kurt Lewin[1] et à ses collaborateurs pour comprendre les raisons de cette apparente contradiction entre l’acceptation « intellectuelle » et l’absence de changement de comportement. Une expérience de « sensibilisation » va être menée sur deux groupes tests abordés différemment l’un de l’autre et aboutissant, pour l’un des deux, à la transformation réelle de la majorité des comportements des ménagères.

Kurt Lewin expliquera ainsi la différence qui existe entre deux groupes sensibilisés dont l’un des deux « transforme » les apprentissages en comportement :

Le lien entre motivation et comportement, et a fortiori entre attitude et comportement, n’est pas direct. Il est par conséquent nécessaire de faire intervenir un maillon intermédiaire et ce maillon intermédiaire n’est autre, pour Lewin, que l’acte même de décision.

La décision de se comporter de telle ou telle manière étant prise, elle va en quelque sorte « geler » l’univers des options possibles et conduire le décideur à rester sur sa décision.

Kiesler et Sakumura, dans les années 60, définiront « l’engagement (comme étant) le lien qui unit l’individu à ses actes comportementaux ». 

Cette approche permet de mieux comprendre les raisons qui font que l’explication seule ou encore l’autorité ne suffisent pas à « changer » de comportement. Cela nous invite à appréhender les démarches de sensibilisation sous le jour de l’engagement des personnes à la mise en œuvre du changement.

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[1] « Group decision and social change », publié dans l’ouvrage de T. Newcomb et E. Hartley, Readings in social psychology, New York, Holt, 1947